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Sian et Delphine, Gili Eco Trust

Dernière mise à jour : 13 déc. 2023

Ce passage par les îles Gili a été l'occasion pour nous de rendre visite à Sian de l'association Gili Eco Trust.





Fondé par un collectif de dive shops (GIDA) au début des années 2000 sous la supervision de Delphine Robbe, Gili Eco Trust se concentrait sur la protection des récifs coraliens, sur ce chapelet d'îles dont les pêcheurs peu scrupuleux usaient et abusaient de dynamite et cyanide pour en vider les eaux poissonneuses.


Conscients des effets négatifs à long terme de ces pratiques destructrices, ils se sont regroupés à la fin des années 90 pour définir les méthodes de pêche acceptées, délimiter les zones autorisées et organiser une patrouille de surveillance (SATGAS). Une vraie prise de conscience de la nécessité d'une pêche plus durable. En parallèle de ces actions conjointes entre les pêcheurs, le Gili Eco Trust, cofondé avec tous les centres de plongée de l'île, percevait une redevance de 4€ par plongée pour financer les besoins matériels du SATGAS (la patrouille de surveillance).

L'association était née !


Sian a rejoint l'aventure un peu plus tard. Cette amoureuse de la plongée, native des froides contrées d'Angleterre est arrivée aux îles Gili en 2012 pou y assouvir sa passion pour les fonds sous-marins. Les plongées s'enchaînent et son constat se confirme : notre océan devient un océan de plastique.

Putôt que de baisser les bras passivement, son esprit d'initiative, positif et dynamique la pousse à rejoindre l'aventure à temps plein dès 2016.





Les années passant, l'ambition affichée de l'association est désormais de permettre à Gili Trawangan de continuer à accueillir autant de touristes sans détériorer la nature environnante. Les questions qui se posent sont un vrai casse-tête. Comment gérer les déchets de façon autonome quand une île de quelques kilomètres carré accueille quotidiennement plus de 3000 touristes ? Comment préserver les écosystèmes terrestres et sous-marins ?


Dynamiques, positives et pleines d'enthousiasme, Sian et Delphine ont mis en place différentes actions concernant la lutte contre les déchets sur cette île qui, contrairement à ses voisines, gère ses déchets de façon autonome. L'île possède en effet sa propre décharge et, contrairement aux îles voisines, ne renvoie pas tous ses déchets à Lombok par bateau.





Partant du principe qu'on ne peut agir que sur ce qu'on connaît, une des premières actions clés de l'association est la sensibilisation au problème des populations locales (dans les écoles) mais aussi des touristes. Ainsi, l'association propose des tours pédagogiques aux touristes où ils vont visiter la décharge, le centre de collecte et on leur explique la démarche de Gili Eco Trust (c'est d'ailleurs ce que nous avons fait).


Ensuite, chaque semaine, l'association organise des beach clean-ups avec une bière à la clé : façon intelligente de motiver les troupes sur cette île de fêtards. Chaque année, c'est plus de 5t de déchets qui sont récoltés grâce à ces événements dont la portée est bien entendu aussi pédagogique.


Enfin, et non des moindres, ils gèrent une partie de la collecte, du tri et du recyclage des déchets de l'île grâce à un partenariat (payant) avec plus de 700 business (principalement hôtels, restaurants et shops) de l'île (> 20t de déchets / jour). Tous les jours, ces déchets sont apportés au centre de tri qui est toujours en cours de construction - on vous passera les erreurs de conception du gouvernement indonésien qui auront coûté plusieurs années de retard au projet comme des rampes de déchargement pas à la bonne place ou des plateformes où les charrettes ne peuvent pas faire demi-tour...


Le tri permet ensuite de valoriser les différents types de déchets :

- L'organique permet de faire du compost

- Les bouteilles en verre sont broyés pour faire des briques

- Les bouteilles en plastique sont vendues sur Lombok (3€ / cube)

- Le reste sera valorisé grâce à une machine française (cocorico) pour faire du diesel, ce qui permettra d'alimenter leurs propres machines - pas mal, non ?





Mais leur action continue dans les océans. Après avoir préservé les fonds sous-marins, l'association ne s'arrête pas là et s'attaque désormais à leur restauration. De façon un peu différente de SORCE (lien article), ils utilisent des Biorocks : une structure métallique sous-marine sur laquelle on greffe les plants de corail et qui est alimentée par un léger courant de 1.2V.


Ainsi, le corail pousse 8 fois plus vite que sur une structure standard et il est aussi 20 fois plus résistant aux changements climatiques.

Au bout de quelques mois le résultat est déjà visible.




Bien entendu, l'inconvénient de ce système est qu'il utilise de l'électricité mais l'association travaille au développement d'une turbine marémotrice qui produira le courant requis pour les biorocks!


En parallèle de tous ces projets, l'association est aussi engagée dans des projets connexes sur la protection des animaux sur l'île et notamment des chevaux qui sont utilisés pour le transport des hommes comme des marchandises et ne sont pas toujours très bien traités.


Encore une rencontre inspirante, une graine d'espoir qui a germé dans ce petit paradis indonésien !

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